{"id":4114,"date":"2024-12-11T15:59:45","date_gmt":"2024-12-11T14:59:45","guid":{"rendered":"https:\/\/next-law.fr\/?p=4114"},"modified":"2025-02-24T16:34:14","modified_gmt":"2025-02-24T15:34:14","slug":"la-cnil-condamne-orange-sa-a-50-millions-deuros-damende","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/next-law.fr\/dev2025\/2024\/12\/11\/la-cnil-condamne-orange-sa-a-50-millions-deuros-damende\/","title":{"rendered":"LA CNIL CONDAMNE ORANGE SA A 50 MILLIONS D&rsquo;EUROS D&rsquo;AMENDE"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3942 alignleft\" src=\"https:\/\/next-law.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/DATA.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"202\" \/>Que retenir de la sanction d\u2019Orange ? La CNIL a prononc\u00e9 le <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/cnil\/id\/CNILTEXT000050760620\"><strong>14 novembre 2024<\/strong><\/a> une amende record de 50 millions d\u2019euros contre Orange SA. Il s\u2019agit de la sanction la plus \u00e9lev\u00e9e prononc\u00e9e contre une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise par la CNIL.<\/p>\n<p>\u25cf Elle est prononc\u00e9e sans contr\u00f4le sur place mais \u00e0 la suite de constatations faites en ligne par les agents de la CNIL sur le webmail d\u2019Orange. Les entreprises sont donc potentiellement, en permanence, sous le contr\u00f4le de la CNIL lorsqu\u2019elles exploitent des services en ligne.<\/p>\n<p>\u25cf Un courrier \u00e9lectronique n\u2019est pas qu\u2019un courrier \u00e9lectronique\u2026 c\u2019est plus ! C\u2019est aussi, dans une interface de webmail, un contenu pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran de l\u2019utilisateur ressemblant \u00e0 un courrier \u00e9lectronique\u2026<\/p>\n<p>On est peu convaincu par la d\u00e9cision de la CNIL sur ce point, m\u00eame si elle a pour elle de s\u2019appuyer sur l\u2019arr\u00eat de la CJUE du 25 novembre 2021 qui statuait en ce sens mais dans d\u2019autres circonstances, car l\u2019esp\u00e8ce soumise \u00e0 la CJUE concernait un litige pour concurrence d\u00e9loyale entre deux soci\u00e9t\u00e9s commerciales.<\/p>\n<p>Ici, il s\u2019agit d\u2019infliger une amende de 50 000 000 d\u2019euros. Conform\u00e9ment \u00e0 un principe juridique \u00e9tabli, la loi p\u00e9nale est d\u2019interpr\u00e9tation stricte et une sanction administrative ne devrait \u00eatre prononc\u00e9e qu\u2019\u00e0 la suite d\u2019une interpr\u00e9tation restrictive du texte qui la fonde.<\/p>\n<p>Or, l\u2019article L34-5 CPCE qui fonde la sanction, ne se lit que comme interdisant, sans l\u2019accord du r\u00e9cepteur, \u00ab\u00a0l\u2019envoi\u00a0\u00bb d\u2019un message publicitaire d\u2019un syst\u00e8me de messagerie \u00e9metteur vers un syst\u00e8me de messagerie r\u00e9cepteur, ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Il y a, de plus, une forme de fictivit\u00e9 dans l\u2019approche : il aurait suffit d\u2019afficher le m\u00eame message, sur la m\u00eame page mais \u00e0 un endroit distinct de la liste des courriers \u00e9lectroniques re\u00e7us pour \u00e9chapper \u00e0 la sanction.<\/p>\n<p>Ici encore, la pr\u00e9tendue neutralit\u00e9 technologique de l\u2019article L34-5 CPCE et la lecture t\u00e9l\u00e9ologique qu\u2019il faudrait en faire ne convainc pas : le justiciable doit savoir de quelle technologie une loi parle : or, un email n\u2019est pas autre chose qu\u2019un email au sens des standards techniques de l\u2019internet (SMTP \/ POP \/ IMAP).<\/p>\n<p>Il y a, enfin, une nouvelle distorsion de concurrence entre les acteurs europ\u00e9ens et am\u00e9ricains : un message publicitaire pr\u00e9sent\u00e9 sur la page html affich\u00e9e par un navigateur est sanctionn\u00e9 chez Orange et l\u00e9gal sur un moteur de recherche\u2026<\/p>\n<p>\u25cf Le support (ici l&rsquo;exploitant du webmail) est responsable de la violation de l\u2019article L34-5 CPCE sans pouvoir reporter sa responsabilit\u00e9 sur les annonceurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"date-art\">11\/12\/2024<\/p>\n<p>Que retenir de la sanction d\u2019Orange ? La CNIL a prononc\u00e9 le <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/cnil\/id\/CNILTEXT000050760620\"><strong>14 novembre 2024<\/strong><\/a> une amende record de 50 millions d\u2019euros contre Orange SA. Il s\u2019agit de la sanction la plus \u00e9lev\u00e9e prononc\u00e9e contre une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise par la CNIL. <\/p>\n<p>\u25cf Elle est prononc\u00e9e sans contr\u00f4le sur place mais \u00e0 la suite de constatations faites en ligne par les agents de la CNIL sur le webmail d\u2019Orange. Les entreprises sont donc potentiellement, en permanence, sous le contr\u00f4le de la CNIL lorsqu\u2019elles exploitent des services en ligne.<\/p>\n<p>\u25cf Un courrier \u00e9lectronique n\u2019est pas qu\u2019un courrier \u00e9lectronique\u2026 c\u2019est plus ! C\u2019est aussi, dans une interface de webmail, un contenu pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran de l\u2019utilisateur ressemblant \u00e0 un courrier \u00e9lectronique\u2026<\/p>\n<p>On est peu convaincu par la d\u00e9cision de la CNIL sur ce point, m\u00eame si elle a pour elle de s\u2019appuyer sur l\u2019arr\u00eat de la CJUE du 25 novembre 2021 qui statuait en ce sens mais dans d\u2019autres circonstances, car l\u2019esp\u00e8ce soumise \u00e0 la CJUE concernait un litige pour concurrence d\u00e9loyale entre deux soci\u00e9t\u00e9s commerciales.<\/p>\n<p>Ici, il s\u2019agit d\u2019infliger une amende de 50 000 000 d\u2019euros. 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